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Le succès de l’Assurance-Vie assis sur du vide



Et ce n’est pas de l’art contemporain. Avec un record de collecte en avril, l’assurance-vie se porte bien mais couve déjà une étrange maladie. Majoritairement investis sur des fonds en euros, les contrats d’assurance-vie s’exposent à des rendements négatifs calés sur les taux historiquement bas d’endettement des États européens. Une épargne colossale aux pieds d’argile […]

Et ce n’est pas de l’art contemporain. Avec un record de collecte en avril, l’assurance-vie se porte bien mais couve déjà une étrange maladie. Majoritairement investis sur des fonds en euros, les contrats d’assurance-vie s’exposent à des rendements négatifs calés sur les taux historiquement bas d’endettement des États européens.

Une épargne colossale aux pieds d’argile

La collecte nette d’assurance-vie au mois d’avril 2015 est établie par l’Association française de l’assurance (Afa) à 2,3 milliards d’euros, portant l’encours total de ces contrats à 1 558,7 milliards d’euros. Sur le seul mois d’avril, les Français ont placé 12,3 milliards d’euros sur leur(s) contrat(s) tandis que les prestations versées par les assureurs se sont limitées à 10 milliards d’euros.

Tandis que sur les quatre premiers mois de l’année, l’assurance-vie cumule une collecte nette positive de 8,8 milliards d’euros, Livret A et LDD endurent une décollecte nette de 2 milliards d’euros. Derrière ce décalage, est pointée du doigt l’insignifiance du taux de rémunération de l’épargne réglementée de 1%, dont il est prédit qu’il baissera encore cet été, comparé aux rendements d’assurance-vie perçus comme plus avantageux. En effet, la rémunération moyenne des contrats en euros s’est élevée en 2014 à hauteur de 2,5% nets de frais de gestion, hors ponctions fiscales et sociales.

Là où une faille se profile, c’est que plus des trois quart des dépôts d’assurance-vie se destinent aux fonds en euros à capital garanti, lesquels sont majoritairement investis en obligations d’État. Or, faire fructifier ces contrats alors que les taux des emprunts d’État sont historiquement bas est incompatible.

Les rendements d’assurance-vie ramenés à hauteur des taux d’emprunt

Déjà, la rémunération moyenne des contrats en euros obtenue en 2014 interdit de parler de performance quand la rentabilité de ces contrats dépassait habituellement les 3%. Mais surtout, la moyenne des rendements 2014 a été soutenue par les obligations anciennes plus rémunératrices. Qu’à cela ne tienne, le succès des produits d’assurance-vie grandit mois après mois.

La recrudescence des souscriptions en assurance-vie oblige les assureurs à renouveler les portefeuilles et donc à introduire les dernières obligations d’État. Or, ces nouvelles émissions sont à des taux d’intérêt volontairement dilués sous l’effet de la politique de Quantitative Easing décidée par Mario Draghi, directeur de la BCE. Ainsi, la France emprunte à des taux négatifs sur les brèves échéances et pour ses emprunts à 10 ans, le taux est remonté en mai à 0,98% (0,46% en avril), quand il n’est que de 0,48% pour l’Allemagne et la Suisse inaugurait en avril le taux négatif à 10 ans.

Globalement, pour déterminer le taux de rémunération d’un contrat, les assureurs se réfèrent au taux de l’Euribor 12 mois, et au TME, le Taux moyen d’emprunt d’État, respectivement de 0,3% et 0,98% fin 2014.

Dit sèchement, sur les 12,3 milliards d’euros collectés en avril, près de 9,6 milliards ont dû être investis par les assureurs sur des obligations d’État qui ne rapportent rien.

De Charybde en Scylla (Incidet in Scyllam cupiens vitare Charybdim)

Il faut écouter Christian Noyer, président de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui déclarait le 26 mai dernier : « À moyen terme, le contexte de taux bas que nous traversons induit des risques pour le secteur de l’assurance. »

En effet, sous réserve de nouvelles manipulations des taux, il est inévitable que les rendements des fonds en euros s’assoupissent dans les prochaines années, au point qu’ils en viennent à en coûter à l’épargnant avec coma à la clé. Avec des frais de gestion d’au moins 0,6%, les fonds en euros risquent de devenir payants en l’absence de plus-values sur d’anciennes obligations.

En cas de chute de la rentabilité des placements d’assurance-vie, la mention « à capital garanti » signe l’arrêt de mort des assureurs confrontés à un probable retrait massif de l’épargne.

Si des assureurs échappent au tourbillon que provoqueraient des rendements négatifs, ils risquent encore de se heurter au récif d’une remontée brutale des taux s’ils ne veillent pas à la qualité de leurs placements. Christian Noyer en appelle à une gestion prudente.

Ouvrir son portefeuille aux unités de compte

Pour les investisseurs, le temps est venu de trouver des alternatives aux fonds euro. D’après l’Afa, qui regroupe les deux principales fédérations d’assureurs, la collecte en unités de compte n’a représenté en avril que 22% des placements et 21% des cotisations depuis le début de l’année. Malgré les efforts redoublés des assureurs qui les mettent en avant, les investissements en unités de compte à capital non garanti peinent à attirer les épargnants peu convaincus par l’argument du “potentiellement plus rémunérateurs”. N’est pas non plus pour les rassurer la récente enquête publiée par “60 millions de consommateurs” sur l’ampleur des commissions et rétro-commissions sises sur les placements en unités de compte venant confisquer une bonne part des gains. Les alternatives sont donc minces, mais l’investissement en unités compte s’est jusqu’à présent montré plus rentable et a permis aux assureurs de mieux équilibrer les portefeuilles. Une réalité qui peut suffire aux épargnants qui cherchent dans le placement d’assurance-vie l’avantage fiscal plus que le rendement.



Source : http://www.assuranceviedeces.fr/le-succes-de-lassu...


Mardi 2 Juin 2015

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